AEGIRSON
“Requiem Tenebrae”
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Album 12 titres Dark heavy metal Thundering Records Chronique du 01/2004
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Après la sortie de « Dark Chapter » en 2001, le groupe Aegirson devait en quelques sorte faire ses preuves. Les titres que l’on retrouve sur cet album résolument « dark heavy metal » ont été composés entre 2001 et juin 2002, et l’album est enregistré fin 2002. Et ce groupe pourrait tout aussi bien suivre les traces (en terme de succès) de l’illustre Therion, de Nightwish ou bien celles de Within Temptation, s’il continue sur cette voie. Les nombreuses influences musicales qui viennent se greffer sur cet album n’ont pas pour unique fonction de valoriser la démonstration technique des musiciens, car Aegisron apporte à ses compositions beaucoup de personnalité et la création artistique qui en découle est raffinée.
La voix lyrique de Jackie est terriblement envoûtante (« Awaiting Delivrance »), complétée par trois voix masculines dans des registres différents (chant parlé, clair et vocaux gutturaux). Quand à la technique des musiciens, elle demeure sans faille. Chaque morceau est structuré et les mélodies sont soignées. Aux arrangements très heavy des guitares, aux mouvements appliqués de clavier empreints de noirceur, viennent s’ajouter une section rythmique efficace et des chants successivement en anglais, en français et en latin. On apprécie ainsi un titre comme « Terra incognita » où les soli guitares salvateurs se meuvent en des passages arpèges; autant de moment de répits entre des mouvements puissants et harmonieux. On a plaisir à découvrir le potentiel technique du groupe à travers diverses exercices musicaux: heavy symphonique ambitieux sur « Lost in Fairyland » (avec la participation de Thierry Lebourg de Dyslesia), ambiances dark sur « Depth », heavy mélodique sur « The wolves Leader » .Mais j’insiste sur ce point: le groupe ne se perd pas dans cette exécution éclectique. Aegisron hypnotise son auditeur via des morceaux entraînants et des arrangements subtils. Et l’ultime instrumental « Aelin Amarth » vient clore cette œuvre dramatique, que l’envie de rebasculer sur les premiers titres de l’album est trop forte. Il faudra ainsi nombre d’écoute pour toucher la quintessence musicale de ce « Requiem Tenebrae » et pour apprécier à leur juste valeur des lignes de chant frappées de mélancolie et de tristesse.
Décidemment, il semble que le label Thundering Record ait mis la barre très haute en ce début d’année 2004 : après Dying Tears, et Kemet c’est au tour d’Aegirson de sortir son album référentiel. Ce « Requiem Tenebrae » génère beaucoup d’énergie et de mélodies captivantes, et il tend à prouver une chose: certains groupes français n’ont de cesse de rivaliser avec leurs homologues internationaux tant au niveau de la technicité que sur le plan de la création artistique. N’en déplaise aux trop nombreux détracteurs…